Xenakis vs. Scelsi
des fréquences les plus aiguës aux notes les plus graves, et inversement : une exploration du spectralisme
Des sculptures sonores vivantes comme méditation acoustique.
Des fréquences les plus aiguës aux notes les plus graves, et inversement – une exploration du spectralisme qui repousse les limites de la voix humaine à travers les paysages sonores de Iannis Xenakis et Giacinto Scelsi.
Tous deux d’une exigence absolue, refusant tout compromis : Iannis Xenakis et Giacinto Scelsi ont évolué aux marges de l’avant-garde d’après-guerre, chacun guidé par une boussole radicalement personnelle. Xenakis concevait la musique comme une architecture, inspirée de processus naturels – brute, mathématique et physique. Scelsi, tout en retenue, zoomait sur le cœur d'une seule note, comme s’il cherchait à déployer le temps lui-même.
Dans ce concert, deux univers complémentaires se rencontrent : le son comme masse face au son comme méditation. Une expérience d'écoute intense, portée par une musique qui ne cherche pas à séduire en douceur, mais vous submerge sans concession.
concert
programme
Iannis Xenakis Serment (1981)
Giacinto Scelsi Tre Canti Sacri (1958)
Giacinto Scelsi Yliam, per coro femminile (1964)
Joanna Bailie Harmonizing (Artificial Environments No. 7) (2012)
Iannis Xenakis Nuits (1968)
Justė Janulytė Iridescence for choir and electronics (2023)
concert sans entracte (65')
artistes
Alexander Lüken chef de chœur
Vlaams Radiokoor
Alex Fostier (Ictus) sound engineering & electronics
avec le soutien de Beside Tax Shelter et du Tax Shelter belge
lieu
Muziekcentrum De Bijloke ∙ Bijlokekaai 7, 9000 Gand ∙ mobilité
tickets
€30 (standard) ∙ €10 (étudiant & -26)
Iannis Xenakis
« C'est avec Nuits pour chœur que Xenakis frôle de plus près l'expression émotionnelle directe ; une musique qui résonne comme un cri primordial, un hurlement passionné. » The Guardian
Nuits est du Xenakis à l'état pur. Revenant à ses longues nuits de prisonnier politique, peuplées des cris brutaux des gardiens et des hurlements de ses compagnons de cellule torturés, il dépouille la musique vocale de toute forme connue de langage. Nuits n'est pas un récit, mais une exploration sonore intense de l'obscurité, de l'angoisse et de la force brute de la voix humaine, enracinée dans l'histoire personnelle et la vision mathématique de Xenakis.
Pour Serment, fondé sur le serment d’Hippocrate, Xenakis tisse une tapisserie colorée de textures vocales raffinées : voix solistes, blocs sonores en mouvement et larges gestes répétitifs forment l’ossature d’une œuvre sobre, mais d’une puissance et d’une immédiateté remarquables.
Giacinto Scelsi
« La musique ne peut exister sans le son, mais le son peut exister sans la musique. Il semblerait donc que le son soit plus important. Commençons par là. » Giacinto Scelsi
La musique du compositeur italien Giacinto Scelsi n’a été jouée en concert – et donc réellement découverte – qu’à la fin des années 1980, peu avant sa mort. Convaincu que chaque auditeur percevrait une même note différemment selon sa position et sa distance par rapport à l’instrument, Scelsi jugeait les exécutions superflues.
Dans Yliam, Scelsi applique sa focalisation caractéristique sur un seul son ou noyau sonore à une masse vocale. L’œuvre devient une sculpture sonore vivante, qui respire et se transforme sans cesse. Son plus ancien Tre Canti Sacri explore déjà cette technique : nourri de thèmes religieux et transcendants, il est une méditation acoustique où la voix humaine sert de médium à une intensité sacrée.
Nuits
captation live – Tectonics 2026
Laissez-vous saisir par la force brute et primitive du chef-d'œuvre de Xenakis. Cet enregistrement live de Nuits vous offre un avant-goût saisissant de l'expérience bouleversante qui vous attend bientôt en concert.
Vlaams Radiokoor sous la direction de James Wood
chanteurs : Jolien De Gendt, Kristien Nijs, Sarah Van Mol, Estelle Lefort, Hellen Cassano, María Gil Muñoz, Michiel Haspeslagh, Ivan Goossens, Paul Schils, Thomas Vandenabeele, Jean Manuel Candenot, Andrés Soler Castaño
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Joanna Bailie
« Les ondes sonores vivent éternellement – elles ne font que s'atténuer avec le temps. » Joanna Bailie
Harmonizing (Artificial Environments No. 7) se concentre sur la musique et les processus qui l'entourent – ici, l'harmonisation à six voix de fragments d'enregistrements de terrain (field recordings). C'est aussi une tentative – bien que modeste et à petite échelle – d'introduire le monde extérieur dans la salle de concert : l'idée qu'un enregistrement brut puisse servir de base à une composition est au cœur même du travail de Joanna Bailie.
Les sons captés dans Harmonizing proviennent d'Ombrie (Birdland), du carrousel du zoo de Londres (William Tell) et de Bruxelles (Three planes). Nous remercions Els Viaene pour le don du second enregistrement d'avions.
Giacinto Scelsi
« La musique ne peut exister sans le son, mais le son peut exister sans la musique. Il semblerait donc que le son soit plus important. Commençons par là. » Giacinto Scelsi
Justė Janulytė a composé une quête de la métaphore musicale de la lumière, inspirée par le Lux aeterna de György Ligeti (l'un de ses compositeurs favoris). Iridescence fait référence au phénomène naturel et optique de l'irisation. Le texte, prononcé entièrement sans consonnes, est une phrase tirée du poème Star Hole de Richard Brautigan – répétée à l'infini comme un mantra jusqu'à conférer une dimension mélancolique et légèrement apocalyptique au thème du Lux aeterna.
I sit here on the perfect end of a star, watching light pour itself toward me.
The light pours itself through a small hole in the sky.
I'm not very happy, but I can see how things are faraway.